Durabilité humaine, économique et environnementale dans les affaires : rêve ou réalité ?

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Droits à l’image : dans le film Inception de Christopher Nolan, si cet objet ne cesse de tourner, cela indique au héros qu’il est en train de rêver, alors que s’il finit par tomber, cela lui indique qu’il est en état de veille, dans le réel. Sur la dernière scène du film qui est aussi cette photo, l’objet est-il en train de tomber ou continue-t-il de tourner ?

Imaginons un monde dans lequel les entreprises serviraient le bien commun. À quoi ressembleraient les paysages de la finance, de la politique, du droit, des citoyens/consommateurs ?

Ce monde idéal est-il vraiment une utopie ou est-il déjà en train d’émerger ? Et si c’est le cas, comment intégrer les efforts partiels et disparates en un projet collectif commun ?

Cette conférence a été donnée le 20 mai 2015 au XIIème Colloque International sur le développement durable à l’Université de Floride.

Dans ce monde idéal, à quoi ressembleraient les entreprises et la finance?

Les marchés retrouveraient alors leur fonction initiale, celle de financer les entrepreneurs, rendant incongrus les spéculations qui ne génèrent pas de plus value pour le sous-jacent économique.

Si tous les acteurs d’une chaine de valeur sont interdépendants, pourquoi ne pas imaginer qu’ils puissent mutualiser les risques, les investissements et les profits ? Au lieu de pousser des produits dans le marché jusqu’à saturation, ils se regrouperaient en économies circulaires,  prendraient en compte l’après vie des produits, et mettrait fin à cette folie pour l’environnement qu’est l’obsolescence programmée.

La RSE ne serait alors plus une affaire d’image mais constituerait le cœur de la stratégie de toute la filière. La communication et le savoir-faire du marketing se mettraient au service de la société pour promouvoir la durabilité plutôt qu’à la seule fin de créer des besoins qui s’avèrent parfois toujours plus couteux sur le plan environnemental et humain.

Pourrait-on imaginer que les marchés n’évaluent pas la performance trimestriellement mais en lien avec des cycles économiques longs (Kondratiev/Schumpeter) ou les cycles de vie produit ?

Les marchés pourraient retrouver leur fonction initiale : celle de financer des entrepreneurs, rendant incongrus le négoce par algorithmes, le trading à haute fréquence et toute forme de spéculation, qui ne génère pas de sous-jacent économique.

Les agences de notation pourraient alors s’intéresser à des métriques non uniquement économiques comme l’impact environnemental, ou éthique : travail des enfants, pratiques commerciales dénuées de corruption… Ainsi une société améliorerait son rating, sa visibilité et verrait baisser ses couts de financements. 

Dans ce monde idéal, à quoi ressembleraient les structures juridiques et politiques?

Et si les lois n’étaient pas écrites par des lobbies mais pour des citoyens ?

Et si les lois n’étaient pas écrites par des lobbies mais pour des citoyens ?

Si les citoyens et les juges pouvaient avoir la maturité de vivre selon l’esprit des lois plutôt que de se soumettre au pied de la lettre ?

Si au lieu de dire je veux, j’ai droit à… je me posais la question de qu’est-ce qui est juste pour l’ensemble.

Et si les constitutions donnaient des droits à la nature, ou garantissaient des droits fondamentaux à chacun et notamment aux minorités ethniques.

Pourrions nous imaginer que la politique, au lieu d’être un jeu de pouvoir devienne un sens du service ? et qu’au lieu de nous servir continument un positionnement idéologique elles deviennent porteuses de solutions ?

Que se passerait-il si nos démocraties n’étaient plus la dictature de la médiocratie, de la moyenne manipulée? 

Dans ce monde idéal, à quoi ressembleraient les citoyens, les consommateurs dont font parti les décideurs?

à quoi ressemblerait une société qui substitue le triptyque argent - gloire - pouvoir au bien commun pour les hommes et pour l’environnement ?

Plutôt que de gouverner sa vie en fonction de critères egocentriques : ma famille, mon parti, mon entreprise, à quoi ressemblerait une société qui substitue le triptyque argent gloire pouvoir au bien commun pour les hommes et pour l’environnement ?

Et si au lieu de gérer les hommes et les entreprises par la hiérarchie, la compétition et la peur nous faisions preuve de compassion, d’amour les uns envers les autres ?

Pourrait-on envisager qu’un mode de pensée puisse intégrer de plus en plus de dimensions, passant d’une pensée simple, linéaire, binaire à une pensée complexe, multidimensionnelle et long terme 

Ceci n’est plus un rêve mais une réalité émergente

Car toutes ces « utopies » existent, certes de façon partielle et limitée dans l’espace et dans le temps, mais absolument partout.

Lorsque nous voyons arriver les bulles en fond de casserole, nous savons que très bientôt, l’eau arrivera à ébullition. De même comme toutes les pistes que nous avons évoquées se produisent depuis 2010 nous pensons que ce n’est plus qu’une question de temps pour que cette société idéale ne se matérialise à grande échelle.

Car toutes ces « utopies » existent, certes de façon partielle et limitée dans l’espace et dans le temps, mais absolument partout. Dans le monde entier, des individus ont initié le changement auquel nous aspirons tous. Cliquez sur les images encadrées en roses  des diapositives 10 à 14 car elles sont des invitations à ce que vous alliez découvrir les solutions que ces pionniers ont matérialisés et que nous souhaiterions intégrer ensemble pour qu’elles gagnent en ampleur. 

Comment donner plus d’ampleur aux succès de ces pionniers ?

L’individu, par sa capacité à la fois à se soucier de son prochain et à intégrer des interdépendances de plus en plus complexe est donc l’enjeu majeur de ce début de 21ème siècle.

Il nous apparaît que pour avoir un impact systémique durable il faut agir sur deux dimensions en parallèle.

Une dimension interne, celle liée 1. à la culture de l’organisation: cet inconscient collectif qui régit notre rapport à la hiérarchie, à l’autonomie de la décision, au rapport au risque, à la responsabilité… 2. au niveau de conscience de l’individu étant compris à la fois comme une croissance de sa capacité à prendre soin de toujours plus de personnes et de situations tout comme de sa capacité à intégrer des interdépendances de plus en plus complexes.

La dimension externe, visible, de l’organisation pourrait agir sur le modèle d’affaire, son rapport à la création de valeur : pour qui, pourquoi, pour quand et surtout comment ? Enfin son rapport au monde : à l’environnement à la fois au sein de la chaine de valeur et au niveau sociétal, est-elle orientée pour la maximisation de profits egocentriques ou pour l’optimisation du bien commun ?

Comme l’individu est

  • au cœur de l’entreprise et peut influencer la mise en œuvre d’économies circulaires, de création de valeur économique partagée
  • un citoyen / consommateur qui, par son vote ou ses achats, influence les cadres choix financiers, juridiques et politiques de son pays.

L’individu, par sa capacité à la fois à se soucier de son prochain et à intégrer des interdépendances de plus en plus complexe est donc l’enjeu majeur de ce début de 21ème siècle.